samedi 22 décembre 2007

Donner au train des idées d'avance, aux gens des idées d'meurtre...

Je l'avoue, je n'ai pas d'animosité particulière envers la SNCF... en général. Je sais, c'est rare, presque honteux, mais je l'assume.
Rarement voire jamais victime de retards, toujours satisfaite du site internet, je suis une vraie chanceuse, je le confesse.
Je rajouterais que, comme je suis plutôt quelqu'un de zen et de compréhensif, je peux même concevoir que sur la totalité de l'activité et des trains qui circulent chaque jour, les retards, annulations, et autres emmerdes en tout genre pour les usagers, ont le droit d'arriver...
(c'était plus facile à dire que je ne pensais finalement)

Du coup, ce qui est drôle, c'est que quand il m'arrive une poisse avec la SNCF, elle est toujours formidablement spectaculaire.
Celle d'aujourd'hui dépasse tout ce que j'aurais pu imaginer...

Tout a commencé... plutôt mal je dois l'avouer.
Je devais partir hier soir, mais pour des raisons que j'évoquerai plus tard (des bonnes, pas d'inquiétude à avoir), je n'ai pu partir qu'aujourd'hui.
Petite précision avant d'aller plus loin: lorsque que je vais vers Dijon, c'est pour voir ma Môman et/ou ma soeur et sa famille. Ma Môman, que j'appelle d'ailleurs plus volontiers ma Tite Mum, habite dans la campagne, près de Saulieu, à 45 min environ de Dijon, ma soeur, elle, habite à Dijon. Par conséquent, lorsque je me rends directement chez ma mère, le plus simple (pour elle, pas pour moi), est que je prenne un TGV jusqu'à Montbard, puis un car jusqu'à Saulieu, pour lui éviter le déplacement jusqu'à Dijon.

Manque de bol, aujourd'hui, plus aucun TGV + Car pour Saulieu de dispo, mais une combinaison que je n'avais encore jamais rencontrée: TER Paris - Laroche Migennes + TER Laroche Migennes - Saulieu. 3h47 de voyage au lieu de 2h habituelle. Ouch...
Soit, la destination finale est Saulieu, allons-y.



Je "réserve" donc ma place, pour un départ à 12h31 de Gare de Lyon.
Simultanément, rendez-vous est donné avec Thomas pour un petit café pré-vacances / post-emmerdes à 10h à Gare de Lyon.

Ce matin, 9h, j'ouvre un oeil, (l'autre reste collé pendant quelques secondes) et je réalise que je me suis endormie comme une bouse la veille et que je n'ai pas fait ma valise.
Avec déjà bien 30 min de retard, je parviens finalement à franchir le seuil de mon appart. Le temps de fermer les verrous, je réalise que j'ai oublié de baisser le chauffage: 1er faux départ.
Les verrous à nouveau fermé, et le pied sur l'escalier, je me rends compte que j'ai oublié les affaires que je dois apporter à Thomas: 2ème faux départ.
Et le 3ème, et pas des moindre, se produit lorsque, encore une fois sur le départ, impossible de mettre la main sur mon téléphone. Pas dans mes poches, pas dans mon sac, pas non plus dans la doublure de mon sac. J'ai du le laisser à l'intérieur...
Je pénètre à nouveau chez moi, pas de trace de téléphone, jusqu'à ce que je me décide à saisir mon fixe et à m'appeler. Ah! Ca sonne!... de loin...
Je vous le donne en mille, la sonnerie émanait de... ma valise... et plus précisément de... ma trousse de toilette....
OK, on ne se demande pas comment il s'est retrouvé là, et on va de l'avant.

Evidemment, comme une poisse n'arrive jamais seule, à l'approche de la gare, j'entends le RER arriver de loin, et je tente un sprint gracieux avec ma valise et mon sac de cadeau à travers l'allée, la gare, puis la partie la plus mémorable: l'escalier.
Toujours de manière très classe et silencieuse, je déboule dans la rame, en faisant comme si de rien n'était, et je cherche un coin où me cacher.


Comme dans toute journée de poisse, j'ai eu un petit moment de répit, qui s'est déroulé entre 10h45 et 11h30 environ. Le temps de papoter avec Thom, d'échanger les dernières news et de langue de puter, et il prend la direction de son propre moment de galère SNCFique.
1h à tuer, que faire...? Petite balade dans la gare....?... Ecourtée. Le froid me gagnant, je décide de me poser à nouveau dans un café. Mouais, les seules tables qui restent sont recouvertes de fiantes de moineaux, et les moineaux sont d'ailleurs là pour marquer leur territoire, on va éviter. Petit sandwich acheté, je cherche une place dans le hall, au soleil de préférence, mission vaine puisqu'évidemment, ces places si chères étaient toutes prises ou férocement gardées.
Ultime solution pour éviter de mourir de froid et de faim, manger debout, au soleil, sur un quai. En oubliant que ce genre de petit bout de tranquillité théorique est aussi le rendez-vous des fumeurs les plus assidus...

12h25, voie toujours pas affichée... Tiens donc...
12h26, "Votre attention s'il vous plaît, suite à un retard dans la préparation du TER numéro bidule, la voie sera prochainement affichée" Wouah ça c'est de l'info utile!
12h27, "Votre attention s'il vous plaît, suite à un retard dans la préparation du train, le TER numéro bidule, départ initialement prévu à 12h31 (ça sent le roussi là), partira avec un retard d'environ 10 min."
Réactions diverses, entre éclats de rire, soupirs blasés, et injures. Pour ma part, je me contente de sourire. Après tout, pourquoi pas.


Le temps que tout le monde s'insurge, la voie s'affiche, puis c'est comme si la gare toute entière se déplaçait. Je me laisse emporrrrter parrr la foule, et j'arrive à l'entrée de la voie 11. Le train n'est pas à quai, et évidemment, la connerie humaine resplendit: tout le monde commence à faire la queue pour monter dans le train... au début du quai... J'avais envie de m'égosiller, tel le chauffeur de bus: "Merci d'aller jusqu'au fond du bus. J'ai dit jusqu'au FOND! Je répète, LE FOND!"
C'est finalement par la voie 13 qu'on arrivera à circuler, jusqu'à atteindre une zone moins peuplée.
Le train arrive, je parviens à trouver un moyen de monter dans une voiture dont personne ne savait si elle était 1ère ou 2ème classe, pour miraculeusement trouver une place dans un compartiment.
Le sujet de conversation avec mes 5 autres compagnons de voyage est facilement trouvé, puis on réalise que bien que le train soit déjà plein, il y a encore plus de monde à l'extérieur que dedans. (Pour info, notre voiture se trouvait être l'avant-dernière du train)... Le temps de faire le compte, il est clair que la majorité de ces usagers passera la voyage dans le couloir... Une mère arrive avec ses deux têtes blondes, que nous laissons s'asseoir dans notre compartiment.

Et la chose à la fois la plus mignonne et la plus irritante se produit: une des deux petites filles, qui veut faire sa grande dame, engage la conversation avec sa maman, et dit, entre autres, sur un ton des plus sérieux: "Aaaahh bah finalement, on a réussi à l'avoir le train. Mais bon, je vois pas pourquoi ils couraient tous ces gens." Comme c'est meeeuuugnon, disons qu'elle a eu de la chance de n'avoir qu'une dizaine d'années, sinon je crois qu'on lui aurait tous sauté à la gorge. Quelques autres perles du genre plus tard, et une fois que le couloir était plein à craquer, on perçoit dans la gare une annonce... qui nous concerne... pas tellement audible mais certains comprennent que le train ne déserverait plus certaines villes... Gné?

Le temps de se concerter, et de s'étonner, l'annonce se fait entendre dans la voiture, et je crois qu'un des plus grands moments de ma journée a été lorsque j'ai entendu cette voix déclamer: "Votre attention s'il vous plaît, nous invitons les voyageurs à destination de (je sais plus quelle ville) et Laroche Migennes à se présenter Voie 9"
Contrairement à ce que j'aurais pu imaginer, aucun moment d'hésitation ou d'incompréhension, juste une réaction proche du standing ovation. Je crois même avoir applaudi et dit "Celle-là, elle est énorme"

L'autre grand moment a été, et là, je vous laisse imaginer à votre guise, cet instant où il a fallu trouver une façon de descendre du train, en passant par dessus les voyageurs et les valises installés dans le couloir, qui eux, étaient invités à rester dans le train.
J'ai EVIDEMMENT failli me rétamer la tête la première sur le quai en sortant, rattrapée de justesse par des personnes dont je n'ai même pas eu le temps de voir le visage.
Et j'ai découvert que le quai était loin d'être vide, à croire qu'ils avaient viré des pauvres semi-voyageurs pour faire rentrer les vrais qui allaient au bout du trajet... Allez savoir...

Reste plus qu'à reparcourir tout le quai (vous zavez pas oublié: avant-dernière voiture hein...), bifurquer sur la Voie 9 pour découvrir que j'allais avoir le plaisir de voyager dans un train de banlieue, ou ce qui ressemblait à une rame de RER D. Soit...
Le temps d'aider une pauvre dame agée et seule à faire le changement et à monter dans le train, j'entends par pure hasard "13h38", je me retourne, et demande confirmation: Oui, ce train va partir à 13h38. Hum, il est environ 12h50... et ma correspondance à Laroche-Migennes est à 13h56... Non, je ne monte pas.
Au bout du quai, une gentille madame de la SNCF m'a presque fait pouffer de rire lorsqu'elle a répondu à ma question: "Comment ça se passe quand on a une correspondance à Laroche Migennes alors?" "Bah je sais pas, vous demandez là bas" Oui évidemment, et si y a pas de trains une fois là bas, c'est pas écrit dans l'manuel ça.

Bref, ultime recours: le guichet donc la récupération des sous sous et / ou d'un autre billet.
Attente relativement longue, mais occupée à raconter cette farce digne d'un 1er avril, et je peux enfin obtenir un autre billet de TER, pour Dijon cette fois-ci à ... 16h13, soit l'heure à laquelle je devais arriver. Tip Top...
C'est décidé, j'irai gueuler gentiment (oui, je sais faire) et j'essaierai de monter dans le prochain TGV pour Dijon même s'il est surbooké.

Monter dans un TGV complet avec un billet de TER qui est sensé partir 2h après, j'avoue ne jamais y avoir ne serait-ce que pensé.
Et pourtant, je ne ferai pas durer le suspense plus longtemps: je l'ai fait!

J'avais l'avantage de ne pas être la seule dans le cas, parce que les contrôleurs, visiblement pas au courant qu'il y avait des voyageurs qui avaient tout simplement été éjectés de leur train quelques heures plus tôt, ne se gênaient pas pour nous traiter de débiles avec leur "bah je comprends pas pourquoi le train ne s'arrêtait pas à Laroche-Migennes", comme si on avait pu leur expliquer pourquoi, nous...

Bref, bilan final: Je suis arrivée à Dijon avant l'heure d'arrivée initialement prévue à Saulieu, je n'ai payé aucun supplément, et j'ai réussi à dégoter un strapontin. C'est pas si mal après tout. Je n'irai pas jusqu'à réclamer à la SNCF le remboursement des frais kilométriques dépensés par ma Tite Mum pour venir me chercher à Dijon...

Le mot de la fin: "SNCF, c'est possible"... Oh que oui! Possible est bien le mot...


Au passage, la raison qui m'a fait partir plus tard que prévu, c'est qu'hier soir, j'ai trouvé du boulot ;) Mais ça, j'en reparlerai.

1 commentaires:

Thomas a dit…

Samedi 21 Décembre 2007

Pour ma part j'aurai eu un magnifique retard de 20minutes de mon TGV NON ANNONCE !!! Sinon c'est pas drôle !

Passe de bonnes fêtes de Noel !

Bisous